Edito

Panique dans l'assiette, à nous de jouer notre rôle !


Nous sommes en pleine psychose. Il ne se trouve pas une semaine sans que les médias nous intoxiquent d’articles ou d’émissions à nous donner la chair de poule. Les titres des dernières enquêtes sont d’ailleurs très évocateurs : "Manger peut-il nuire à la santé ?" ou bien encore : "Notre poison quotidien". Alors mettons-nous à la place de nos clients. Comment aujourd’hui ne pas être stressé en allant faire ses courses, sachant que "se nourrir équivaut à terme à se faire mourir".
Non, je vous assure, je force à peine le trait. Le discours ambiant est véritablement anxiogène. Comment ne pas être effrayé à la lecture d’une étude qui révèle "qu’un enfant absorbe plus d’une centaine de substances chimiques dans son alimentation en une seule journée" ?
Il va sans dire que les fruits et légumes, produits dits sains, ne font pas exception. La pomme est largement incriminée par les associations écologiques qui dénoncent le nombre important de traitement de pesticides sur ce fruit lorsqu’il est cultivé en vergers intensifs. Toutefois, elle n’est pas le seul fruit mis en cause, le raisin, les fraises, les mandarines, les poires et les oranges, sont également pointés du doigt. Quant aux légumes, la salade, le persil, la pomme de terre, les haricots verts et céleris branche occupent également les premières places du classement des produits contenant des résidus de pesticides qui dépassent les limites autorisées.
Face à ce constat, les associations écologiques avancent immédiatement la solution du bio car "les pesticides de synthèse sont remplacés par du cuivre, des extraits de plante et de la poudre de roche".
D'autres solutions de repli existent encore : manger des fruits et légumes de saison, "pour éviter les produits qui viennent de loin et sont traités pour le transport et les aliments sous serre, qui peuvent subir des traitements fongiques importants". Autre conseil, préférer l’origine France et le label "production intégrée qui garantit un usage modéré des pesticides" ou "s’inscrire dans une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) qui permet à l’abonné de recevoir chaque semaine son panier de légumes de saison, souvent bio, directement du producteur".
Je vous laisse le soin d’apprécier la pertinence de ces recommandations...
Paranoïa écolo ? Délire aigu de précaution ? Infos ? Intox ? A vous de juger.
Toujours est-il qu’il est de notre rôle en tant que commerçant en prise directe avec le consommateur de faire preuve de pédagogie, de lui expliquer la provenance des produits et les progrès importants faits en la matière par la production française. Il est de notre mission de redonner confiance à nos clients afin qu’ils puissent continuer à se nourrir sans s’angoisser !
 
 Francis Van Der Elst
 Président de l'UNFD