Commerce

Les Primeurs de demain - retour sur le Congrès
> C’est à Sélestat, en Alsace, que Saveurs Commerce a tenu son 57e congrès du 24 au 25 septembre 2017 à la suite des épreuves qualificatives du concours Un des Meilleurs Ouvriers de France Primeur.
 
57e Congrès de Saveurs Commerce
Les Primeurs de demain
 
Introduit par des ateliers sur les nouvelles tendances de consommation et les outils digitaux pour dynamiser le commerce de proximité, le congrès s'est poursuivi avec une conférence sur le thème " Le commerce au-delà de nos repères...au-delà de nos frontières " autour de 4 experts :
M. Eric Birlouez
sociologue de l’agriculture
et de l’alimentation
M. Sauveur Fernandez
consultant expert en prospective-innovation
et en marketing durable
Mme Virginie Durin
présidente de la
Fédération de Paris de Famille de France
M. Luc Hendrickx
directeur pour les
politiques d’entreprises
à l’association européenne de l’Artisanat et des PME
Chacun à sa façon a proposé de repenser le commerce de proximité pour reconquérir le cœur des centres-villes et du consommateur d’aujourd’hui. Un consommateur imprévisible et protéiforme, voulant tout tout de suite, de nouvelles émotions, de nouvelles expériences, mais surtout être informé sur ce qu’il consomme.
 
Et dans 10 ans...
Les primeurs ont été invités à se projeter sur les 10 années à venir, pour adapter au mieux leur activité. La priorité étant selon Luc Hendrickx : le digital, "aujourd'hui celui qui n'est pas sur Internet n'existe pas ".
Le digital n'empêche pas la rencontre physique dans le point de vente, il l'améliore et amplifie le lien social. Au commerçant de savoir l'exploiter au mieux et pour cela de penser à se former et former ses salariés.

Alors que les centres-villes se vident de leurs commerces il est urgent pour les primeurs de se réinventer. Pour Eric Birlouez "le magasin de demain sera un lieu d'apprentissage et de lien social". Les jeunes générations pourront tout acheter via leur smartphone, il faut leur donner envie de se déplacer, leur proposer une expérience plus qu’un simple acte d'achat.

Une innovation devant toutefois être rassurante pour le consommateur qui, de plus en plus anxieux concernant son alimentation, a besoin d’authenticité, de naturel, de proximité humaine. On parle alors de "rétroinnovation". "Le primeur ne doit pas hésiter à réutiliser les codes d’antan dans l’agencement de son point de vente", souligne Sauveur Fernandez, proposer par exemple de la vente servie pour les produits spécifiques nécessitant des conseils…
"Nous, commerçants de proximité, proches de nos clients, nous sommes les mieux placés pour les réassurer et leur apporter davantage d’informations de sécurité ", expliquera plus tard Christel Teyssèdre, présidente de Saveurs Commerce.

Se projeter dans 10 ans, c’est aussi penser "RSE", tous les points de vente devront être éco-responsables, être transparents sur la gestion des invendus, des déchets… le gaspillage est très mal vu du consommateur selon Virginie Durin, le commerce de proximité doit donc se montrer bon élève pour garder sa confiance.
 
Les enjeux du commerce alimentaire de proximité
Ce Congrès fut aussi l'occasion pour Christel Teyssèdre de porter les messages forts de la Fédération Saveurs Commerce. Abordant notamment les Etats Généraux de l’Alimentation où Saveurs Commerce compte faire entendre sa voix et rappeler au Gouvernement que le commerce alimentaire de proximité est porteur de solutions. "La contractualisation imposée aux TPE telles que les nôtres, n’est pas une solution adaptée pour aider les producteurs à pérenniser leur activité".
Saveurs Commerce souhaite également que les producteurs entendent davantage les demandes des acteurs du commerce pour répondre aux besoins des consommateurs.
"Nous devons absolument renverser le modèle et démarrer "la fabrication du produit" à partir de la fourchette pour finir par la production au champ". Christel Teyssèdre, Présidente de
Saveurs Commerce

L’enjeu de l’alimentation est aussi une question d’aménagement urbain "Pour préserver une diversité commerciale, il est essentiel que les villes mettent en œuvre une politique volontariste en préservant les équilibres entre le centre-ville et la périphérie tout en évitant d’augmenter la fiscalité locale."

L'adaptation du commerce alimentaire se conduit par ailleurs à travers la politique sociale menée par Saveurs Commerce au sein de la branche. "Notre objectif partagé est de favoriser et de pérenniser l'activité des entreprises et de leurs salariés en proposant des garanties et des avantages sociaux qui n'ont rien à envier à ceux dont ils pourraient bénéficier au sein des grandes entreprises."

Christel Teyssèdre a enfin profité de ce congrès pour revenir sur la création du CAP Primeur qui sera opérationnel dans les écoles et les CFA dès la rentrée scolaire 2018. Elle en appelle aux professionnels leur demandant de s’engager pour former les nouveaux apprentis.
 
La matinée conférence a été ouverte par Mme Mireille Herrmann, vice-présidente de Saveurs Commerce et Primeur en Alsace. En présence de M. Marcel Bauer, Maire de Sélestat et vice-président du conseil départemental du Bas-Rhin qui a pu partager sa vision du commerce et les actions menées dans sa ville, ainsi que M. Pierre Lammert, président de l’Association des fruits et légumes d’Alsace qui a accueilli le congrès et le concours MOF au sein du Salon Saveurs et Soleil d’Automne.